Pagézy ( Rue )

Elle part de la jonction des rues Joffre et Maguelone pour finir à la rue du Grand-Saint-Jean, près du pont de Sète.

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Anciennement dénommée rue du Clos René, elle commençait alors la rue de Verdun, était coupée par la rue de Maguelone, continuait, ayant à sa droite l’ancien Hôtel Montcalm (Quartier Général) et à sa gauche, le square Planchon ; était de nouveau coupée par la rue de la République et finissait à la rue du Grand Saint Jean, près du pont de Farges ou plus couramment, pont de Sète. Depuis le 12 mars 1934, les deux-tiers seulement de la rue portent le nom de Pagezy, le tronçon compris entre la rue de Verdun et la rue de Maguelone ayant gardé le nom de Clos René (in Vieilles rues de Montpellier. LH Escorte ; Ed Presses du Languedoc).

JULES PAGEZY(1802-1882).
JULES PAGEZY est maire de Montpellier de 1852 à 1869.
C’est un notable, il appartient à la grande bourgeoisie protestante de la ville. (Son tombeau est visible au cimetière protestant de la ville). Il épouse une demoiselle Dessalle Possel autre grande famille montpelliéraine. Les portraits des deux époux sont exposés au musée du vieux Montpellier où se trouve une reconstitution du bureau de Pagézy maire.
D’abord industriel, il s'est reconverti en grand propriétaire viticole. Il s'est longuement impliqué dans la vie publique et politique locale. De 1830 à 1859 il est membre puis président de la Chambre de commerce et du tribunal de commerce, membre de la Société d’agriculture. Il siège au conseil général de L’Hérault en 1847.
En septembre 1852, il est nommé maire de Montpellier par décret de l’empereur Napoléon III et conservera cette charge jusqu’en juillet 1869, date à laquelle il est remplacé à la mairie par son 1er adjoint.
Il est élu député pendant le second Empire puis sénateur au début de la 3eme République.


- Une politique d'urbanisme Au début de cette 2de moitié du XIXème siècle, il conduit une politique active d’urbanisme inspiré des travaux de transformations de Paris par le baron Haussman. Avec Lazard, architecte, il fait de Montpellier une ville Hausmannienne. La municipalité et les investisseurs montpelliérains pouvaient avoir cette prétention compte tenu de la richesse procurée par la viticulture à cette époque. Pour aérer le coeur de ville et faciliter la circulation, il fallut percer ou élargir de nombreuses rues comme la rue Maguelone (commencée dès 1852) pour la faire arriver à la Place de la Comédie, la rue Saint Guilhem, les rues Cardinal et du Gouvernement (rue de la Loge). Il parait que lors de sa visite en 1857 l’empereur Louis Napoléon aurait dit « ce sont des rues à élargir ».
Le projet de percement de la rue Impériale (actuelle rue Foch) devant relier l'Arc de Triomphe à l'Esplanade sera stoppé à mi chemin, devant la préfecture, après le départ de J. Pagezy de la mairie. Le décret impérial de 1865 donnait droit aux expropriations et à l’exécution des travaux. La guerre de 1870 et la crise du phylloxera seront causes de retard. La ville empruntera plus de deux millions de francs auxquels viendront s’ajouter 96 000 francs supplémentaires pour ces travaux finalement entrepris seulement en 1878, lors du premier mandat d’A. Laissac. Le projet initial revu à la baisse ne sera jamais mené jusqu'au bout. Dans le projet de Pagézy, toutes les maisons de la « rue Impériale » devaient avoir la même façade. Devant la réticence des propriétaires et le coût, cette idée a été abandonnée sous la municipalité Laissac et la voie dont la largeur initialement prévue était de 20 m a été ramenée à 14 m.
D'un point de vue urbanistique l'action de Pagézy porte aussi sur l'aménagement du quartier de la gare et la création du square Planchon en 1857 ainsi que sur la construction de la halle Castellane, des églises Saint Anne et Saint Roch. Il alloue une indemnité de 100 000francs à la
communauté protestante pour la construction du Temple rue Maguelone, et 120000francs  pour l’agrandissement de la cathédrale Saint Pierre. Il crée les deux belles avenues qui encadrent les Arceaux après avoir fait dégager les abords de l’aqueduc du Peyrou, par la démolition de petites maisons adossées aux piles des Arceaux.


- Les autres domaines de l'action de Pagézy .
L’action de Pagézy porte dans de nombreux domaines : Il fit agrandir ou créer diverses écoles, en particulier dès 1860 il octroie des salles municipales pour un enseignement secondaire préparant les jeunes filles au Brevet Supérieur. (Le baccalauréat ne leur est pas accessible). Il fit exécuter des travaux à la faculté de médecine et au jardin des plantes. On lui doit aussi l’établissement des bains et lavoirs publics, la construction de nouveaux égouts collecteurs, l’amélioration de l’éclairage de la ville.
C’est sous son administration qu’on fit les premiers captages d’eau du Lez pour augmenter celui fourni par la source Saint Clément. Ses différentes charges politiques l'ont amené à s'intéresser et à influer sur le développement des chemins de fer et la modernisation de la viticulture. Il a pesé de tout son poids pour l'installation de la gare desservant la ville de Nîmes là où se trouve la gare St Roch. Il pensait déjà à la réunification de cette nouvelle gare avec la gare desservant la ville de Sète et aussi à la création d'un port sur les Aiguerelles mettant en communication une voie navigable et la voie ferrée.

Il a également usé de son influence pour tenter d'avoir une connexion ferroviaire Montpellier – Marseille par le littoral et une liaison avec Rodez. Ce projet ayant été écarté en 1863 par le ministre des transports de l'époque, il convainc le Conseil Général de développer un réseau ferré d'intérêt local. Montpellier est doté d'une ligne vers Palavas, d'une ligne vers l'arrière pays avec la gare Chaptal et une gare de triage aux Prés d'Arènes. Ce réseau local mal entretenu pendant la seconde guerre mondiale et concurrencé par les transports automobiles disparaîtra progressivement à partir de 1951.
Lors de la crise de la viticulture entre 1865 et 1873 il a eu un rôle déterminant pour faciliter les recherches qui ont permis de mettre en évidence l'agent responsable (le phylloxera vastatrix) et de touver la solution pour reconstituer le vignoble ( greffer les plants français sur des plants américains ).
En introduisant sur ses propres vignes les inovations technologiques proposées à l'époque, il a engagé la conduite de la culture de la vigne dans une voie plus technique, plus scientifique à l'origine d'une viticulture moderne.
A l'issue d'une longue vie d'engagements responsables et intelligents, J. Pagézy laisse une empreinte durable sur le développement de Montpellier et de sa région.

 

Publié dans Rue Pagezy

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