Babote ( La tour de la )

La tour de la Babote est un des vestiges, avec La tour des Pins, la Porte de la Blaquière et la Porte du Pila Saint Gély d’une enceinte faisant de Montpellier une ville fortifiée, telle qu’on peut voir encore aujourd’hui la ville de Carcassonne.

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  • La tour de la Babote
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1 Histoire de la commune clôture :

 

La tour de la Babote est un des vestiges, avec La tour des Pins, la Porte de la Blaquière et la Porte du Pila Saint Gély d’une enceinte faisant de Montpellier une ville fortifiée, telle qu’on peut voir encore aujourd’hui la ville de Carcassonne. L’enceinte s’intègre dans un système de défense complet avec douves et chemin de ronde.

Au début du XIIIe siècle, au moment de sa construction en pierre calcaire provenant de la carrière de Caunelle à Juvignac, la clôture commandée par le seigneur Guilhem VIII pour protéger sa ville englobait une partie d’une colline voisine appartenant aux évêques de Maguelone, d’où son nom de « commune clôture ». Les murs d’une hauteur estimée à 8 m et d’une épaisseur de 2 m dessinaient un périmètre de 2650 m dont le tracé correspond aujourd’hui aux boulevards délimitant le centre historique appelé du fait de sa forme « écusson ».

Il y avait 25 tours coiffées d’une toiture et 8 portes. La tour de la Babote est une tour d’angle qui occupe la pointe sud de l’écusson. Ce système de protection comportait un chemin de ronde au sommet des murailles, doublé côté intérieur « du chemin de 12 pans » destiné à faciliter une circulation rapide de la défense en cas d’attaque. De plus ce système était complété côté extérieur par un fossé de 30 m de large et 4 m de profondeur alimenté par les différents ruisseaux de la ville en particulier le « Verdanson » au nord et les « Aiguerelles » au sud.

La ville était ainsi protégée par un ensemble de défense complet, fonctionnel et placé sous la surveillance des « ouvriers de la commune clôture », notables directement sous l’autorité des Consuls de la ville. Ils assurent l’entretien des murailles, des tours, des fossés, du chemin des 12 pans et des portes dont ils détiennent les clés. Ils veillent à empêcher les constructions parasites, les percées dans les murs et les plantations dans les fossés.

 

Au milieu du XIVe siècle devant l’insécurité liée à la guerre de Cent Ans, les murs et les tours sont rehaussés comme le montre une variation dans la disposition des pierres. La Tour de la Babote sera rehaussée de nouveau à deux reprises au cours du XVIIIe siècle. Ces nouveaux aménagements correspondent à de nouvelles utilisations.

Cet ensemble ne souffrira pas du siège de Montpellier par l’armée de Louis XIII en 1622 et se maintiendra jusqu’au XVIIIe siècle. Puis ce système de défense n’étant plus nécessaire, la commune clôture sera progressivement dégradée par des constructions parasites et des percées (3 portes supplémentaires). Les fossés seront comblés pour réaliser les boulevards périphériques. Au pied de la Babote le fossé comblé en 1791 deviendra le « boulevard de l’observatoire » et, en 1793, le fossé des « arbalétriers » deviendra le boulevard de la Comédie aujourd’hui boulevard Victor Hugo.

 

2) TOUR DE LA BABOTE

La Tour de la Babote est un vestige de l’enceinte fortifiée appelée commune clôture entourant Montpellier et une partie de Montpellieret.Cette enceinte comportait 25 tours et 8 portes à sa construction au début du XIII ème par le seigneur de Montpellier Guilhem VIII. Elle est alors sous la surveillance des « Ouvriers de la Commune Clôture » qui dépendaient directement des Consuls de la ville. Ils assuraient l’entretien des murailles, des portes, des tours, des fossés et du « chemin de 12 pans » qui longeait la clôture côté intérieur. Ils gardaient les clés et veillaient à empêcher les constructions parasites, les percées dans le mur et les plantations dans les fossés.

Les autres vestiges sont la porte de la Blanquerie (rue de l’université), la porte du Pila Saint Gély et la tour des pins.

Située à l’angle sud de l’enceinte, elle était couverte d’une charpente supportant une toiture comme les autres tours de la ville, C’était une tour ouverte, c’est-à-dire creuse du côté ville. La porte actuelle sera percée bien plus tard.

D’où vient le nom de Babote ?

La Tour de la Babote est nommée ainsi pour la 1re fois en 1304 « la babota del valat »  babote du fossé. Il existe bien d’autres explications… Dont certaines paraissent fantaisistes !

BAbot prénom masculin dérivé d’un prénom hébreux Babel devenant Babote au féminin

Babote = chenille noire vivant sur la luzerne

Babote = fantôme en oc = âmes errantes au niveau de la tour

Babote = une punaise d’eau

Pourrait venir de Johan LLabot « stuvier »,

Certains anciens montpelliérains vous diront que babote signifie « petite bête » en parler local voire « belette » !!!

La Tour de la Babote vieille de plusieurs siècles a vécu plusieurs affectations d’où d’autres appellations comme La Tour des Bains en raison de la présence d’étuves établies à l’arrière, La Tour de l’Observatoire en raison de l’installation d’une salle d’observation astronomique par la Société Royale des Sciences, la Tour du Télégraphe en raison de l’installation du télégraphe de Chappe à son sommet…

Pourquoi seulement 2 tours aujourd’hui et pourquoi la tour de la Babote comporte-t-elle des étages ?

 

Nostradamus aurait prédit la disparition de la ville si les pins de « la tour des pins » disparaissaient.

La tour de la Babote aurait une autre histoire ;

1 physicien, 1 astronome et 1 mathématicien fondent une société scientifique qui fut reconnue officiellement en 1706 par une lettre patente de Louis XIV et installent La Société Royale des Sciences 27 rue des étuves. La Société Royale des Sciences met en scène l’éclipse totale de soleil visible à Montpellier le 12 mai 1706. Pour cela elle déploie les instruments d’observation dans un petit jardin au pied de la Babote et invite le beau monde, la foule et les astronomes à se retrouver aux jour et heure dits pour observer le phénomène qui a bien lieu comme prévu. Cette observation est la première à utiliser la lunette de Galilée et la première à faire l’objet d’une description scientifique.

En 1739, les astronomes obtiennent des militaires la session de la tour pour faire leurs observations.

Grâce aux gratifications de la Société Scientifique de Paris et de la ville de Montpellier et de nombreux dons la tour est transformée en observatoire en 1741. Une salle d’observation équipée de matériel d’observation est construite en surélévation à l’intérieur d’un pavillon surmonté d’une terrasse et encadré de 2 tourelles comportant chacune un escalier d’accès.

La tour comporte désormais un étage et devient Tour de l’observatoire tandis que Montpellier figure au rang des villes astronomiques françaises.

Une 2e surélévation fut construite en 1788 après un procès de 30 ans intenté à la confrérie des Pénitents Bleus condamnée à payer l’essentiel des travaux de construction de l’étage supplémentaire. En effet le chœur de la nouvelle église des pénitents implantée en 1747 (1768 ?) dans un ancien jeu de paume près du chemin des 12 pans touchait la partie nord de l’observatoire dont l’accès nécessitait le passage par la nouvelle chapelle. De plus le clocher plus haut que prévu gênait pour les observations en masquant certaines fenêtres nord de l’observatoire.

La nouvelle terrasse est aménagée à 25 m du niveau du sol côté ville et la Tour de la Babote présente deux étages.

Malgré toutes ces préoccupations la Société Royale des Sciences de Montpellier a réalisé de nombreuses observations et de nombreuses publications qui feront sa renommée.

L’observatoire de la Société Royale des Sciences fonctionna jusqu’à sa dissolution en 1793. La Société Royale des Sciences sera prolongée par la Société libre des Sciences et Belles Lettres de Montpellier qui faute de moyen disparaîtra à son tour en 1816.

On peut penser que l’activité de la Société Scientifique hébergée dans la tour a protégé celle-ci de la destruction.

En 1795, la tour fut percée d’une porte à la demande de Jean Bimar riche propriétaire de terrains et d’immeubles dans ce quartier, maître de poste, chargeur commissaire. Cette ouverture dans la tour lui évitait d’aller emprunter la porte existant dans les remparts située rue des Pénitents bleus (rue Diderot aujourd’hui). Ce percement nuit à la stabilité de la tour et à la précision des mesures.

La tour de la Babote présente aujourd’hui encore cette nouvelle configuration.

 

La Tour du Télégraphe

En 1832 l’installation du télégraphe de Chappe qui fonctionna durant 20 ans demande quelques modifications. Le premier étage de la tour est aménagé en logement pour le directeur du télégraphe et sur la terrasse une cabane en bois est construite pour supporter les appareils. Durant 20 ans le télégraphe a fonctionné avec une ligne vers Paris via Nîmes, Avignon, Lyon, Dijon et une correspondance vers Marseille et Toulon et une ligne jusqu’à Tours via Narbonne, Toulouse, Bordeaux et une correspondance vers Bayonne.

Le réseau est codé et est à la seule disposition de l’État. Il disparut avec l’arrivée du télégraphe à fil en 1853.

 

La tour non entretenue voit se succéder une série d’utilisations diverses en alternance avec des retours de l’astronomie :

  • la société colombophile y installe ses pigeons (d’où peut être le nom de l’hôtel-restaurant qui y a été accolé), 
  • installation du Musée du vieux Montpellier par l’entente bibliophile
  • actuellement la tour abrite le club d’échecs de Montpellier, ainsi que la Société d’Astronomie de l’Hérault.

Lors des travaux de restauration de 1982 la tour fut dégagée des constructions parasites. Côté extérieur de la ville, l’Hôtel du Nord et le Colombier disparaissent à gauche de la tour et à droite une partie du Comptoir National d’Escompte de Paris. Les bâtiments côté intérieur de la ville sont eux aussi rasés pour créer un square.

 

3) La légende du parachute à Montpellier,

Légende du parachute, in « De savants en découvertes » de Valdo Pellegrin 2017.

Vous entendrez dire par certains Montpelliérains que le parachute a été inventé à Montpellier et que le 1er saut en parachute a été effectué, en s’élançant de la tour de la Babote, par son inventeur Sébastien Lenormand. D’ailleurs, de 1945 à 1958, une plaque scellée dans le mur de la tour commémorait ce saut historique,

Qu’en est-il ?

La Société Royale des Sciences de Montpellier créée en 1706 connaît une réputation internationale depuis que la salle d’observation, installée dans la Tour de la Babote à partir de 1741, permet des mesures qui font de Montpellier une ville astronomique. Les recherches astronomiques sont "dans l’air du temps" en cette fin du XVIIIe siècle et 1783 est marquée par des recherches scientifiques explorant des déplacements dans l’air.

Les frères Montgolfier présentent leur ballon élevant dans sa nacelle des animaux puis des hommes. En novembre de cette même année, à Montpellier, Chaptal fait décoller une montgolfière de l’esplanade un mois avant que Sébastien Lenormand présente devant les États Généraux du Languedoc son invention qu’il a appelée parachute, et procède à partir de la tour de la Babote à des lâchers de poids et d’animaux, mesurant les temps de chute et les impacts au sol.

Sébastien Lenormand (1757-1837), physicien chimiste, est natif de Montpellier. Il s’inspire du récit d’un diplomate de Louis XIV décrivant les exploits d’acrobates équilibristes du Siam qui réalisent des sauts de grande hauteur et utilisent des parasols fixés à leurs ceintures pour ralentir leur chute. Lernormand fait une tentative réussie en sautant d’un ormeau situé dans l’enclos des cordeliers (à l’emplacement du Rockstore dans la rue de Verdun). Il entreprend alors des calculs de résistance de l’air et de surfaces et conçoit une sorte de nacelle en osier pouvant contenir un objet (ou une personne) suspendue par un ensemble de cordes à une toile circulaire et nomme cette invention « parachute ». Jeune et naïf, il confie son mémoire au directeur de la Société Royale des Sciences qui ne le fera jamais publier mais s’attribuera cette invention. Lenormand découvrira par hasard la supercherie bien plus tard.

Lenormand continue à expérimenter sur son invention et procède comme il est dit précédemment fin décembre 1783 lors des États Généraux du Languedoc à des lâchers de poids puis le lâcher d’un chat et d’un chien, mesurant le temps de chute et l’impact au sol.

Le premier saut en parachute par un homme se fera à Paris, et seulement en 1797.

Alors pourquoi dire que le premier saut en parachute a eu lieu à Montpellier ?

Au XIXe siècle un autre scientifique natif de Montpellier Louis Figuier (1819-1894) après une carrière d’enseignant, se consacre à l’écriture de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique, qui connaissent un grand succès. Il simplifie, romance. Il est parfois appelé le Jules Vernes de Montpellier. Son épouse également montpelliéraine écrit des romans et fait des dessins.

Lorsqu’il utilise le mémoire qu’a finalement publié Lenormand pour relater l’invention du parachute, Louis Figuier remplace les animaux que Lenormand avait fait sauter par Lenormand lui-même sautant en parachute et sa femme réalise un dessin de cette supposée scène, devant la tour de la Babote. C’est ainsi que naquit la légende du 1er saut en parachute à Montpellier par Lenormand lui-même.

L’historien montpelliérain Louis Escuret publie en 1955 un fascicule dénonçant les erreurs historiques figurant sur le dessin de Madame Figuier. La plaque commémorative sera enlevée, signant la fin d’une légende.

 

 

 

Publié dans La tour de la Babotte

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